
Les stupéfiants entrent en CPO : le 1er octobre change la donne
Il y a des dates qui passent inaperçues et d’autres qui déplacent une ligne. Le 1er octobre 2026 est de la seconde catégorie.
Ce jour-là entre en vigueur le nouveau Règlement sur les substances désignées de Santé Canada, qui modernise et regroupe plusieurs règles fédérales dans un cadre unique. Parmi les nouveautés touchant directement la pratique : la possibilité de vendre une substance désignée à un(e) autre pharmacien(ne) à certaines fins non urgentes, notamment dans un contexte de centralisation.
Pour les pharmaciens, cette phrase lève le dernier obstacle réglementaire à une centralisation véritablement complète.
Une reconnaissance qui ne vient pas de nulle part
Nous n’avons pas découvert ce règlement en lisant les communications de l’Ordre en septembre. Au printemps 2022, une vingtaine de clients, des pharmaciens propriétaires, se sont mobilisés avec nous pour faire avancer ce dossier. Cette action collective a permis d’outiller l’Ordre des pharmaciens du Québec dans ses démarches, et quelques semaines plus tard, Santé Canada s’engageait à modifier le règlement.
L’idée que nous défendions était simple : une production centralisée qui repose sur une traçabilité électronique complète est sécuritaire et libère beaucoup plus de temps en pharmacie.
Cette conviction a orienté nos investissements bien avant qu’ils soient « permis ». Précis a été développé pour permettre la signature à l’envoi et à la réception des commandes : une chaîne de traçabilité complète, pensée dès le départ pour le niveau d’exigence qu’imposent les substances désignées.
Autrement dit : le règlement entre en vigueur le 1er octobre, et nous sommes prêts. Pas six mois plus tard.
Ce que « tous les médicaments » veut enfin dire
La centralisation partielle a toujours eu un défaut structurel : elle laisse une production résiduelle en pharmacie. Tant qu’il reste une catégorie à traiter sur place, l’équipe technique conserve le poste, la vérification, le contrôle et l’essentiel du gain de temps s’évapore.
À compter du 1er octobre, notre production centralisée de piluliers, sachets et fioles, avec renouvellement préautorisé et en temps réel, couvre l’ensemble du dossier :
- médicaments dispendieux
- médicaments réguliers
- sachets brochés
- produits réfrigérés
- et maintenant, les stupéfiants
C’est la différence entre déléguer une partie de la production et déléguer la production.
Concrètement, ce qui change dans votre pharmacie
Le nouveau cadre ajoute deux gestes pour les stupéfiants :
- une signature d’approbation avant la production;
- une signature à la réception des stupéfiants, à confirmer dans les cinq jours.
Chaque approbation, chaque réception, chaque exception est documentée automatiquement, électroniquement : votre dossier d’inspection se constitue de lui-même, et vous n’avez rien à reconstituer après coup.
Le timing n’arrive pas par hasard
Trois vagues de fond convergent en ce moment.
Le cadre réglementaire s’ouvre. Le nouveau règlement nomme explicitement la centralisation.
Le modèle de rémunération se transforme. La valeur se déplace du volume d’exécution vers l’acte clinique et le temps passé avec le patient. Chaque moment consacrée à la production est un moment perdu pour développer les services de la pharmacie.
Le projet de loi 67 arrive. La réorganisation des tâches techniques va s’imposer. Les pharmacies qui auront déjà amorcé la centralisation aborderont la transition avec de la marge; les autres la subiront.
Le rapport Tendances en pharmacie 2026 de TELUS Santé situe d’ailleurs l’exécution centralisée parmi les cinq grandes tendances de la profession : 64 % des pharmaciens qui y ont recours disent avoir gagné du temps pour les consultations et les services cliniques, et 58 % constatent une plus grande capacité de volume.
Ce rapport nomme un frein principal : la gestion du changement (62 %). Cette objection légitime se désamorce avec un démarrage graduel et accompagné.
Commencer petit, mais commencer maintenant
Centralisar sa production n’est pas une décision tout-ou-rien. La bonne approche est presque toujours la même : on choisit un segment : les piluliers d’une résidence, les sachets, une portion des fioles. On valide les flux, on ajuste, puis on élargit. Nos services s’adaptent à votre réalité, pas l’inverse.
Ce qui change avec le 1er octobre, c’est qu’il n’y a plus de raison d’attendre une prochaine étape réglementaire. Elle est enfin arrivée.
Prêts à libérer du temps?
L’intégration et la formation se font en amont. Plus tôt nous commençons, plus la transition est fluide. Nous vous accompagnons durant toute la période d’adaptation.
Écrivez-nous ou appelez-nous.
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